Impôt sur le revenu – Episode 2 : et si vous gaspilliez une partie des avantages fiscaux de l’épargne retraite ?

Impôt sur le revenu – Episode 2 : et si vous gaspilliez une partie des avantages fiscaux de l’épargne retraite ?

Le PER Individuel c’est… des versements bénéficiant d’une déduction fiscale des revenus imposables au barème de l’impôt sur le revenu (jusqu’à 45 % de réduction d’impôt sur les hauts revenus).

Mais aussi, ce qui est peu souvent expliqué, une fiscalité à la sortie qui peut faire perdre tout ou partie de l’avantage fiscal obtenu à l’entrée !

Résultat : des montants placés en épargne retraite sans étude préalable et régulièrement des avantages fiscaux qui partent en fumée en cas de sortie du contrat.

 

Les principales erreurs fiscales à éviter :

1. Verser pour les faibles tranches marginales d’imposition (TMI)

En dessous d’une TMI à 30 % (revenus imposables au barème inférieurs à 29 316 € pour une personne déclarant seule), l’avantage fiscal peut être considéré comme négligeable.

> Limiter les versements à la TMI la plus élevée. Affiner le montant idéalement début décembre lorsque le revenu net imposable annuel peut être connu avec peu de marge d’erreur.

Exemple : pour revenu imposable de 32 316 €, 3000 € sont déductibles dans la tranche à 30 %, un versement plus élevé sera très peu efficace avec une déduction de la tranche à 11 % seulement.

 
2. Consommer l’intégralité du plafond disponible sur une seule année

Plafond en N = 10 % du revenu net de frais professionnels de N-1 avec un montant minimum déductible de 4637 € en 2025 + plafonds non-utilisés en N-1, N-2, et N-3 + plafonds du conjoint/partenaire de PACS sur option.

Consommation du plafond dans l’ordre suivant : plafond N puis plafonds N-3, N-2, N-1 puis, en cas d’option pour mutualisation, plafonds du conjoint dans le même ordre.

 
> Limiter les versements au montant le plus élevé entre : revenus imposables dans la TMI la plus élevée et le cumul des plafonds N et N-3.

Exemple : pour 20 000 € de plafond disponible dont 5000 € en N et 5000 € en N-3, 10 000 € de revenus imposés dans une TMI à 30 %, limiter le versement à 10 000 € pour ne pas perdre le plafond N-3 et déduire exclusivement la TMI à 30 %.

 

3. Oublier de déclarer les montants versés sur les autres dispositifs d’épargne retraite

Les montants versés des Madelin Retraite / PER Individuel TNS, abondement du PER Collectif (épargne salariale), versement employeur sur le PER Entreprise (Article 83) sont aussi pris en compte dans le plafond.

Ces montants ne sont en général par préremplis dans la déclaration d’impôt.
Conséquence : le plafond disponible de l’avis d’imposition est surestimé, requalification fiscale possible en cas de dépassement ! Côté assureur du contrat, la déduction du versement est gravée dans le marbre, pas de retour en arrière possible et donc forcément fiscalité à la sortie… même en l’absence de l’avantage fiscal à l’entée !

 
>Bien renseigner les versements de tous les dispositifs d’épargne retraite.

 
4. Stopper les versements une fois retraité

Selon les compagnies d'assurance, il est tout à fait possible de poursuivre les versements sur un PER Individuel à la retraite. Dans cette situation, les versements sont déductibles dans la limite de 4637 € en 2025 et les plafonds disponibles des précédentes années sont aussi mobilisables.

> Stratégie envisageable si l'épargne retraite n'a pas besoin d'être débloquée en complément de revenus ou si le contrat est utilisé comme un outil de transmission.  En effet, si le conjoint / partenaire de PACS est désigné bénéficiaire du contrat, le capital est transmis sans fiscalité successorale en évitant la fiscalité à l'impôt sur le revenu à la sortie

Vous l'aurez compris, le PER Individuel peut être fiscalement très avantageux à condition d'avoir une stratégie bien définie tant pour les versements que pour les modalités de sortie.

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